Inondations : la catastrophe invisible pour la faune sauvage
Lorsque les rivières débordent, les images qui circulent montrent surtout des routes coupées, des maisons envahies par l’eau et des champs détruits. L’impact humain et matériel est évidemment immense. Mais une autre victime, presque invisible, subit aussi ces crues : la faune sauvage. Des insectes aux mammifères, des reptiles aux oiseaux, des milliers d’animaux sont directement touchés lorsque l’eau envahit brutalement leur territoire. Et contrairement à nous, ils n’ont ni refuge sûr ni possibilité d’anticiper.
Les oiseaux ont l’avantage de pouvoir s’envoler lorsque l’eau monte. Mais cela ne signifie pas que les inondations sont sans conséquences pour eux. Lorsque prairies, berges et zones humides sont submergées, les oiseaux perdent soudainement leurs zones d’alimentation. Insectes, graines ou petits invertébrés deviennent difficiles à trouver. Ils doivent alors se déplacer parfois loin pour se nourrir. Pour certaines espèces, notamment celles qui nichent au sol ou dans la végétation basse des marais, les nids peuvent être détruits ou noyés, ce qui entraîne la perte complète d’une reproduction.
On y pense rarement, mais les insectes sont probablement parmi les plus touchés. Beaucoup passent l’hiver ou certaines phases de leur cycle de vie dans le sol, sous forme d’œufs, de larves ou de chrysalides. Lorsque la terre reste saturée d’eau plusieurs jours :
les galeries sont noyées
l’oxygène disparaît du sol
les larves peuvent mourir par asphyxie
Cette mortalité massive reste invisible, mais elle peut avoir des répercussions sur toute la chaîne alimentaire.
Pour les animaux qui vivent dans des terriers, la montée des eaux peut être dramatique. Les galeries de blaireaux, renards, lapins ou micromammifères peuvent être entièrement inondées. Certains adultes parviennent à fuir à temps, mais les jeunes ou les individus surpris par la crue ont souvent peu de chances de s’en sortir. Les hérissons, par exemple, utilisent des abris au ras du sol, dans des haies, des talus ou des tas de feuilles. Une montée rapide de l’eau peut détruire l’abri ou noyer l’animal, surtout en période d’hibernation.
Les amphibiens dépendent de l’eau pour se reproduire, mais les crues violentes peuvent emporter les pontes et les têtards. Chez les reptiles, qui ont une mobilité plus limitée, les inondations peuvent provoquer :
la destruction des sites de ponte
la noyade dans les abris souterrains
un refroidissement brutal de l’organisme
L’impact ne s’arrête pas lorsque l’eau se retire. Les habitats sont bouleversés :
abris détruits
nourriture plus rare
territoires modifiés
Certaines espèces se réinstallent rapidement, mais d’autres peuvent mettre plusieurs années à retrouver leur équilibre.
Dans les écosystèmes naturels, les crues existent depuis toujours. Elles participent même parfois au renouvellement des milieux humides. Le problème apparaît lorsque les événements deviennent plus violents, plus fréquents, ou lorsque les paysages ne permettent plus aux animaux de trouver des zones refuges : disparition des haies, artificialisation des sols, réduction des zones naturelles. Dans ces conditions, la faune dispose de moins en moins d’endroits pour échapper aux catastrophes.
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